ARCHIVES – La Prison d’Arlon

L’inventaire des archives de la prison d’Arlon a été publié. D’une ampleur de 110 m.l., le fonds couvre la période 1830-2012. Les archives sont entrées aux Archives de l’État principalement en 2008-2009 et 2023.

Quand la prison d’Arlon a-t-elle été construite ?

L’établissement d’une prison à Arlon s’est opéré lors du transfert provisoire du chef-lieu de la province de Luxembourg à Arlon peu après l’indépendance de la Belgique.  Plusieurs locaux seront occupés successivement dans la ville. La commission administrative demande avec insistance qu’une nouvelle prison soit érigée. Un extrait du rapport annuel 1863 de ladite commission souligne les points problématiques:

« La prison d’Arlon est construite de telle manière qu’il est impossible de pouvoir classer les détenus d’une manière convenable. Ainsi les accusés, les prévenus et les condamnés criminels, correctionnels et de simple police et les enfants sont tous réunis pendant le jour. C’est ce qu’est la cause de l’immoralité et les vices les plus abjects s’enseignent et se propagent incessamment. […] Les villes de Tongres, de Hasselt, de Dinant et de Marche sont dotées, depuis longtemps, de prisons construites d’après le système précité. Le chef-lieu de la province de Luxembourg, siège d’une cour d’assises, doit-il rester privé d’un établissement de ce genre ? »

En 1870, les nouveaux bâtiments de la prison d’Arlon sont inaugurés. La prison suit le modèle de la prison cellulaire, selon les principes d’Édouard Ducpétiaux.

Qui était enfermé dans la prison d’Arlon ?

La catégorie des détenus et détenues incarcéré(e)s à Arlon varie au fil du temps et au fil des modifications de l’organisation pénitentiaire notamment en lien avec l’établissement de prisons régionales. Après la fermeture des prisons de Marche-en-Famenne (1933) et Neufchâteau (1935), Arlon reste la seule prison de la province jusqu’en 2013 lors de la réouverture d’une prison moderne à Marche-en-Famenne. Un aperçu des catégories des détenus et des changements successifs peut être trouvé dans l’inventaire (p. 9 et p. 17).

Quels documents ont été conservés ?

Le fonds contient d’abord les archives relatives la direction, à la gestion matérielle, au personnel et à la comptabilité. Divers documents du greffe permettent ensuite l’étude statistique de la population carcérale avec les registres de la population carcérale masculine civile, féminine et militaire. La majeure partie du fonds est constituée de pièces liées à l’entrée et à la sortie des détenus dont des séries de registres et de dossiers d’écrou allant de 1832 à 2002.

Enfin, une série de 16 volumes de comptabilité morale pour la période 1870-1924 sont disponibles dans le fonds. Ils ont été numérisés via le projet OUTLAW . Les volontaires de Outlaw ont rassemblé les données de 5552 détenus dans une database. Les images numériques et les données seront prochainement disponibles via agatha.arch.be

Plus d’infos :

Les archives de la prison d’Arlon ouvertes à la recherche – Archives de l’État en Belgique

HORGE Virginien et MOREAU François, Inventaire des archives de la prison d’Arlon, 1830-2012, série Inventaires des Archives de l’État à Arlon n° 174, publication n° 6532, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2024.

Télécharger l’inventaire: agatha.be

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