Au XIXe siècle, l’𝗮𝗻𝗮𝗹𝗽𝗵𝗮𝗯𝗲́𝘁𝗶𝘀𝗺𝗲 est très répandu dans les milieux ouvriers et agricoles.
Rien d’étonnant lorsque l’on sait que vers 1875, un enfant sur quatre ne fréquente pas à l’école primaire.
On observe cet analphabétisme dans les registres de l’état civil mais également dans les archives judiciaires où de nombreuses personnes 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗰𝗿𝗼𝗶𝘅 X.

En 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟭𝟴𝟳𝟳, les grèves se succèdent dans le Borinage. Jusqu’à 𝟯𝟬.𝟬𝟬𝟬 𝗴𝗿𝗲́𝘃𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀 réclament un meilleur salaire ! La misère est profonde.
Une cinquantaine d’entre eux sera arrêtée et écrouée à la prison de Mons. Les prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Mons dans les jours qui suivent.
Parmi ceux-ci, 𝟵 𝗺𝗶𝗻𝗲𝘂𝗿𝘀 sont poursuivis pour avoir arrêté le travail et avoir empêché leurs camarades de descendre dans le puits de mine de Sauwartan à Dour.
Condamnés en première instance à Mons, ils iront en appel devant la Cour d’appel de Bruxelles.
Afin d’accélérer la procédure, ils sont invités à signer le document ci-contre.
Mais 5 d’entre eux le signent d’une simple croix, ne sachant pas écrire… : Louis Leclercq, Jules Vilain, Jean Philippe Harmegnies, François Cavenaille et Julien Decourty.
En appel, ces 9 grévistes verront leur peine aggravée et écoperont entre 15 jours et 𝟭𝟭 𝗺𝗼𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘀𝗼𝗻.
Quelques mois plus tard, fin 1878, 𝗩𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁 𝗩𝗮𝗻 𝗚𝗼𝗴𝗵 (1853-1890) arrive dans le Borinage.
C’est sur le site charbonnier de Sauwartan qu’il officie durant 6 mois comme prédicateur auprès des mineurs. Sa descente à 700 mètres de profondeur dans la mine de Marcasse à Wasmes (Colfontaine) le marquera fortement.
A son frère Théo, il 𝗲́𝗰𝗿𝗶𝗿𝗮 notamment en avril 1879 : « La plupart des ouvriers sont maigres et pâles de fièvre ; ils ont l’air fatigués et épuisés ; ils sont tannés et vieillis avant l’âge, en règle générale, leurs femmes sont, elles aussi, blêmes et fanées. (…) Descendre dans la mine laisse une impression plutôt lugubre. On descend dans une espèce de panier ou de cage, comme un seau dans un puits, mais le puits a 600 à 700 mètres de profondeur. À l’arrivée, si on lève les yeux, on entrevoit une lueur pas plus grande qu’une étoile dans le ciel. »
La même année, il dessinera ci-contre l’usine à coke sur le site Sainte-Félicité à Flénu.
