Le 14 juillet 1926 au matin, Léontine Browaeys, 22 ans, est tuée par son mari de plusieurs coups de revolver en pleine rue, Bernaardstraat à Gand.
Quatre semaines auparavant, elle quittait le domicile familial avec sa fille Jeanne, âgée de 5 ans, en raison de violences conjugales. Mécanicien de vélo, Louis De Ridder n’acceptait pas la séparation.
Il tente ensuite de mettre fin à ses jours.
Dans une lettre retrouvée dans sa poche datée du 12 juillet et adressée à ses parents, il annonce qu’il a demandé à sa femme de reprendre la vie commune, que celle-ci a refusé et il tente de se disculper. Lors du procès qui se tient l’année suivante, les témoins de l’accusé rejettent également la faute sur l’épouse.

Louis De Ridder est condamné en 1927 à 15 ans de travaux forcés pour le meurtre prémédité de sa femme Léontine Browaeys.
Qu’en est-il de son incarcération ?
Louis De Ridder purge sa peine au sein des prisons de Louvain, de Gand puis d’Audenarde.
En raison de sa blessure par balle à la tête lors de sa tentative de suicide, il est partiellement incapable de travailler. A la prison de Louvain, il travaille comme éplucheur de pommes mais ne gagne pas suffisamment pour pouvoir acheter de la nourriture supplémentaire à la cantine.
En octobre 1927, Louis De Ridder fait trois nouvelles tentatives de suicide. Ayant prémédité le meurtre de sa femme, il ne peut bénéficier d’un internement psychiatrique.
L’anthropologue pénitentiaire juge cependant que le régime cellulaire est trop strict pour lui. Il est alors placé dans le quartier pour « déficients mentaux » à la prison centrale de Gand.
Prisonnier modèle
A Louvain et à Gand, le personnel pénitentiaire le considère comme un prisonnier modèle.
Comme le mentionnent les archives de l’époque, il est « sur la bonne voie », « travailleur et propre » et animé des « meilleures idées ». Les espoirs d’un « bon reclassement » sont grands.
Malgré sa condamnation à 15 ans de travaux forcés pour le meurtre de sa femme, l’administration pénitentiaire plaide donc à partir de 1933 pour sa libération anticipée.
Fin 1935, le quartier pour déficients mentaux de Gand est supprimé. Louis De Ridder est alors transféré à la prison d’Audenarde qui accueille des prisonniers déclarés inaptes, en raison de leur état mental, à subir le régime cellulaire strict qui prévalait alors en Belgique.
Renouer les liens avec sa fille Jeanne
L’assistante sociale qui accompagne Louis De Ridder au sein des prisons de Gand et Audenarde tente de renouer les liens avec sa fille Jeanne. A 13 ans, la jeune fille vit avec sa grand-mère maternelle. Le contact est difficile, mais la grand-mère lui permet de contribuer financièrement aux vêtements de communion de la jeune fille.
Le 10 juillet 1936, six mois après son arrivée à Audenarde et 10 ans après le meurtre de son épouse, Louis De Ridder sort de prison. Il a alors 39 ans.
Le directeur de la prison note en néerlandais dans son dossier : « Ce détenu peut, à tous points de vue, être qualifié d’exemple »…
